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	<title>France &#8211; Salam  Plan</title>
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	<description>Journalisme contre la haine</description>
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	<title>France &#8211; Salam  Plan</title>
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		<title>L’amitié inattendue née du Bataclan : le père d’un des terroristes et le père d’une victime</title>
		<link>https://salamplan.com/fr/bibliotheque/l-amitie-inattendue-nee-du-bataclan-le-pere-d-un-des-terroristes-et-le-pere-d-une-victime/20201117</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maria Torrens]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Nov 2020 09:50:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliothèque]]></category>
		<category><![CDATA[Attentat Bataclan]]></category>
		<category><![CDATA[Attentats Paris]]></category>
		<category><![CDATA[Daech]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ils paraissaient condamnés à se détester, ou au moins à ne pas vouloir s’adresser la parole. Que du contraire&#160;: l’attentat à la salle du Bataclan de Paris les a unis d’une manière qu’ils n’auraient jamais imaginée. Lola Salines avait 28 ans lorsqu’ un billet en trop qu’une amie avait pour le concert des Eagles of Death Metal l’a amenée au Bataclan. C’était la nuit des attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Samy Amimour avait également 28 ans et était retourné de Syrie avec d’autres terroristes de Daech pour assassiner 131 personnes et marquer à jamais la vie de tant d’autres. Son père Azdyne et sa famille se sentent aussi victimes de l’horreur causée par son fils sans qu’ils n’aient...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Ils paraissaient condamnés à se détester, ou au moins à ne pas vouloir s’adresser la parole. Que du contraire&nbsp;: l’attentat à la salle du Bataclan de Paris les a unis d’une manière qu’ils n’auraient jamais imaginée.</p>



<span id="more-6212"></span>



<p><strong>Lola Salines</strong> avait 28 ans lorsqu’ un billet en trop qu’une amie avait pour le concert des Eagles of Death Metal l’a amenée au Bataclan. C’était la nuit des attentats du 13 novembre 2015 à Paris.</p>



<p><strong>Samy Amimour</strong> avait également 28 ans et était retourné de Syrie avec d’autres terroristes de Daech pour assassiner 131 personnes et marquer à jamais la vie de tant d’autres. Son père Azdyne et sa famille se sentent aussi victimes de l’horreur causée par son fils sans qu’ils n’aient rien pu faire pour l’éviter. Georges, le père de Lola, le comprend.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large"><p><em>« Ce qui nous rapproche et beaucoup plus important que ce que nous sépare »</em></p><cite>Georges Salines</cite></blockquote>



<p>Aujourd’hui, <strong>Georges Salines et Azdyne Amimour</strong> se parlent affectueusement. Ils s’écoutent, ils se cèdent la parole. Peu importe que chacun soit maintenant dans une autre ville sans se voir et à l’autre bout du fil pour réaliser cet entretien. Ils se comprennent et se respectent depuis la première fois qu’ils se sont rencontrés en février 2017 à la demande d’Azdyne Amimour.</p>



<p>A la fois brutal et émouvant, c’est ainsi que leur témoignage conjoint est transmis au travers du livre qu’ils ont publié lors du cinquième anniversaire des attentats de Paris. <a href="https://www.lisez.com/livre-grand-format/il-nous-reste-les-mots/9782221243206" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Il nous reste les mots</em></a> (éd. Robert Laffont, aussi en flamand et anglais) est une opportunité unique pour être témoin comme lecteur des réflexions de ces deux pères, pour connaître leurs expériences, leurs goûts communs, comment étaient leurs enfants… Le récit est également l’occasion d’apprendre comment Azdyne Amimour a voyagé à travers la Syrie un an et demi avant les attentats pour tenter de raisonner son fils ayant rejoint les terroristes.</p>



<p>Le livre est aussi une porte ouverte au dialogue sincère auquel tous deux nous invitent à participer, à l’instar de ce qu’ils ont fait dans cet interview avec <a rel="noreferrer noopener" href="https://salamplan.com/wp-admin/salamplan.com" target="_blank">Salam Plan</a>. Georges Salines est au téléphone depuis Paris et Azdyne Amimour depuis <a href="https://salamplan.com/fr/terrorisme/le-mari-lucile-garcia-victime-lattentat-liege-le-ministre-geens-nest-pas-responsable-des-conditions-des-conges-penitentiaires/20180704" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Liège</a>.</p>



<h4 class="has-text-align-center has-black-color has-text-color has-background" style="background-color:#b4efb7"><em>>>> Vous pouvez lire aussi: <a href="https://salamplan.com/fr/comme-toi/la-saint-valentin-alicia-et-aladin-la-belle-histoire-d-amour-entre-une-catholique-et-un-musulman/20190214" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Alicia et Aladin, la belle histoire d’amour entre une catholique et un musulman</a>&lt;&lt;&lt;</em></h4>



<p><strong>Comment allez-vous cinq ans après les attentats ?</strong></p>



<p><strong>GS </strong>: Cinq ans après j’ai appris à vivre ma nouvelle vie, puisque tout a changé pour moi le 13 novembre 2015. J’ai beaucoup travaillé pour faire le deuil de ma fille, pour pouvoir continuer à vivre et à être heureux finalement. Et ça s’est passé par l’écriture, par l’engagement au service de la lutte contre l’intolérance et contre la violence et contre l’extrémisme. Ça donne du sens à ma vie.</p>



<p><strong>AA</strong>&nbsp;: Pour moi, c’est pareil. Cinq ans après, c’est un moment de tristesse. Mais il faut s’occuper, il faut essayer d’occuper son temps à l’écriture, à la lecture&#8230; On essaye de remonter un petit peu.</p>



<p><strong>Vous travaillez aussi pour le dialogue avec M. Salines.</strong></p>



<p>AA&nbsp;: Oui, on essaye. Il faut communiquer, il faut discuter, il faut un débat. On sait qu’il y a des réfractaires, il y a des gens qui ne sont pas pour ce contact-là entre Georges et moi. Mais ils finiront par accepter, parce qu’on fait que des choses qui vont dans le bon sens.</p>



<p><strong>M. Salines, vous avez reconnu vous-même que toutes les victimes ou d’autres citoyens ne comprennent pas votre relation avec M. Amimour. Que croyez-vous que dirait Lola sur votre amitié et sur le livre ?</strong></p>



<p>GS : C’est une question qu’on me pose souvent, à laquelle je ne veux pas apporter une réponse très ferme, parce que ma fille n’est plus là pour exprimer ce qu’elle a envie de dire et je ne peux pas parler à sa place. Ceci dit, elle était une personne extrêmement généreuse, ouverte, tolérante, qui n’était jamais dans une posture de jugement vis-à-vis des autres. Donc dans mon for intérieur, je suis persuadé qu’elle aurait approuvé ma démarche.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large"><p>« Lola était une personne extrêmement généreuse, ouverte, tolérante, qui n’était jamais dans une posture de jugement vis-à-vis des autres »</p><cite>Georges Salines</cite></blockquote>



<p><strong>À la fin du livre chacun écrit une lettre à l’enfant de l’autre. Que &nbsp;voudriez -vous transmettre à Lola, M. Amimour ?</strong></p>



<p>AA&nbsp;: Je lui demande pardon au nom de ma famille, au nom de mon fils… Bon, mon fils il est mort, il ne peut pas se prononcer. Je partage toute la tristesse avec les parents de Lola, avec Georges.</p>



<p><strong>On cherche peut-être trop les coupables des fautes des fils chez les parents.</strong></p>



<p>GS&nbsp;: Bien sûr, et c’était le cœur de la démarche du livre. En France, en face de ce terroriste qui se réclame de l’islam, beaucoup des gens, et malheureusement, beaucoup de politiciens aussi, réagissent en étant hostile à la religion musulmane et aux musulmans dans leur ensemble.</p>



<p>Et ça, pour moi c’est une faute morale, parce que la plupart des musulmans n’ont absolument rien à voir avec ce <a href="https://salamplan.com/fr/bibliotheque/abdellah-boussouf-aux-radicaux-ne-me-haissez-pas-car-le-faire-cest-vous-hair-vous-meme/20180215">terrorisme djihadiste</a>. Mais c’est aussi tout à fait contreproductif, parce que si on transmet en permanence aux musulmans le message qu’ils n’ont pas leur place dans notre pays, ils vont finir par le croire. Et ça peut faciliter la naissance ou le recrutement de nouveaux terroristes, de nouveaux extrémistes.</p>



<p>Il faut distinguer les coupables, les complices et les innocents. Et parmi les innocents, il peut y avoir des parents des terroristes.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large"><p><em>« Je demande pardon au nom de ma famille. Je ne suis pas un terroriste, ma famille n’est pas une famille de terroristes, je suis aussi une victime »</em></p><cite>Azdyne Amimour</cite></blockquote>



<p>AA&nbsp;: Comme l’indique le titre du livre, ‘Il nous reste les mots’. Avec Georges on a essayé de faire quelque chose pour expliquer aux gens, pour montrer qu’il y a la possibilité de discuter, de dialoguer…</p>



<p>Lorsque j’ai rencontré Georges la première fois, je lui ai expliqué que je ne suis pas un terroriste, que ma famille n’est pas une famille de terroristes, que je suis aussi une victime&#8230; Et je crois qu’il y a des solutions pour essayer d’atténuer les choses. Mais il faudrait que les autorités aussi fassent quelque chose. Il y des solutions, mais il n’y a pas beaucoup de volonté pour faire avancer les choses.</p>



<p><strong>Croyez-vous que la lutte contre ce que Emmanuel Macron appelle le “séparatisme islamiste” soit la manière appropriée ? Il revendique qu’il n’a rien contre l’islam, mais plusieurs activistes musulmans considèrent qu’il y a une certaine islamophobie sous-jacente.</strong></p>



<p>GS&nbsp;: La question de <a href="https://salamplan.com/en/islamophobia/cross-party-commission-agrees-on-the-definition-of-islamophobia-to-tackle-it-uk/20181128">l’islamophobie</a> est assez complexe, parce qu’ il y a certains extrémistes islamistes qui ont cherché à une époque à enlever toute légitimité aux gens qui les critiquaient en les traitant d’islamophobes. Donc, le terme ‘islamophobie’ a pris en France une connotation tellement douteuse, que beaucoup de gens -y compris moi-même- évitent de l’utiliser. Parce qu’il mélange des choses comme le racisme avec une critique qui peut être tout à fait légitime.</p>



<p>Mais bien sûr, il y a beaucoup de gens, beaucoup de politiciens qui disent des choses qui sont contre-productives. Vous faisiez allusion à la loi contre le séparatisme religieux et au discours du président Macron… Moi, j’ai écouté très attentivement le président Macron dans la présentation de la loi et ensuite son discours dans l’hommage au professeur Samuel Paty, et je suis assez d’accord avec tout ce qu’il a dit.</p>



<p>Par contre, certains ministres de son gouvernement ont dit des choses qui étaient aberrantes. Notamment le Ministre de l’Intérieur, qui est allé dire après la mort de Samuel Paty qu’il était mal à l’aise lorsque dans un supermarché il voyait des rayons de nourriture communautaire, c’est-à-dire halal. C’était une déclaration complètement stupide, qui n’a aucun sens.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large"><p>« Je suis croyant pratiquant. Pour moi, l’Islam est une belle religion. Mais il y a des charlatans, il y a des imans qui n’ont rien à voir avec l’Islam »</p><cite>Azdyne Amimour</cite></blockquote>



<p>AA&nbsp;: On ne peut pas nier que l’islamophobie existe et ce que j’ai à dire, moi je suis croyant pratiquant. Je comprends Georges, parce qu’il est athée. Pour moi, l’Islam est une belle religion, tout est bon dans le Coran. Il suffit de savoir le lire, de bien l’interpréter, de bien le comprendre.</p>



<p>Mais il y a des charlatans, il y a des imans qui n’ont rien à voir avec l’Islam. Il y a des gens qui ne comprennent rien dans l’Islam, il y des gens qui se croient vraiment savant…</p>



<p>C’est compliqué à expliquer en quelques minutes, mais moi, je me trouve bien dans cette religion.</p>



<p><strong>Qu’est-ce que vous diriez à votre enfant aujourd’hui ? Vous avez essayé de le convaincre de retourner en France quand vous avez découvert qu’il était en Syrie en tant que terroriste.</strong></p>



<p>Je lui dirais qu’il avait tort de prendre ce chemin-là, le mauvais chemin au lieu de prendre le bon. Moi, je n’ai pas pris ce chemin-là malgré une vie difficile, une enfance difficile. Mais tous les doigts de la main ne sont pas identiques&nbsp;: il y a des gens qui savent résister, il y a des gens qui sont faibles et on utilise vraiment leur faiblesse pour les manipuler et les transformer en mains de charlatans.</p>



<p><strong>Mr. Salines, qu’est-ce que vous diriez à Samy, comme vous l’appelez vous-même&nbsp;?</strong></p>



<p>GS&nbsp;: Je lui dirais&nbsp;: ‘Pourquoi tu fais ça&nbsp;? Tu t’es trompé et tu as causé beaucoup de malheur à des gens qui ne t’avaient rien fait’.</p>



<p>AA&nbsp;: Y compris à sa famille.</p>



<p>GS&nbsp;: Oui, bien sûr, Azdyne. [Et je lui dirais aussi&nbsp;:] ‘Ça ne te gagnera pas le paradis’.</p>



<h4 class="has-text-align-center has-black-color has-text-color has-background" style="background-color:#b4efb7"><em>>>> Vous pouvez lire aussi: <a href="https://salamplan.com/fr/terrorisme/la-soeur-du-pretre-egorge-par-daesh-jacques-disait-cest-partageant-les-differences-la-paix-pourra-prendre-ses-racines/20190724" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><a href="https://salamplan.com/fr/terrorisme/la-soeur-du-pretre-egorge-par-daesh-jacques-disait-cest-partageant-les-differences-la-paix-pourra-prendre-ses-racines/20190724">La sœur du prêtre égorgé par Daech: «Il disait : ‘C’est partageant les différences que la paix pourra prendre ses racines’»</a></a>&lt;&lt;&lt;</em></h4>



<p><strong>La première rencontre entre vous a été un peu plus d’un an après les attentats, à l’initiative du M. Amimour. Ce n’était facile pour aucun d’entre vous, je suppose.</strong></p>



<p>GS&nbsp;: Azdyne a demandé à me rencontrer. J’étais peut-être un peu anxieux au départ, mais ça s’est très vite très bien passé. Nous avons échangé, nous avons sympathisé. Non, ça n’a pas été si difficile que ça.</p>



<p>AA&nbsp;: C’était peut-être le premier pas qui a été difficile, il fallait le prendre. Mais nous ne sommes pas des bêtes, on est des êtres humains. On essaye quand même (de se comprendre).</p>



<p><strong>Qu’est-ce que vous avez appris l’un de l’autre lors de la première fois que vous vous êtes rencontrés en février 2017 ? Et qu’est-ce que vous souligneriez de l’autre&nbsp;?</strong></p>



<p>GS&nbsp;: On a appris qu’on avait des différences, mais qu’on avait beaucoup de choses en commun. Fondamentalement, que nous sommes deux êtres humains et ce qui nous rapproche et beaucoup plus important que ce que nous sépare.</p>



<p>AA&nbsp;: On a beaucoup des choses en commun&nbsp;: on a vécu en Egypte, on a suivi la même littérature comme lecture, on a sympathisé avec le Parti Communiste… Il y a des choses sur lesquelles on ne peut pas être d’accord, mais c’est normal et sur le fond on est d’accord. Chacun respect l’opinion de l’autre.</p>



<p>Georges est un vrai <em>gentleman</em>, quelqu’un de sympa, de gentil, qui accepte la communication. J’étais très, très, très content de l’avoir rencontré.</p>



<p>GS&nbsp;: Azdyne est un homme très ouvert, très chaleureux et sympathique, et qui ne tient pas en place. Il est incapable de rester longtemps au même endroit. [Ils rient tous les deux].</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large"><p><em>« Georges est un vrai &lsquo;gentleman&rsquo;, quelqu’un de sympa, de gentil, qui accepte la communication. J’étais très, très, très content de l’avoir rencontré »</em></p><cite>Azdyne Amimour</cite></blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large"><p>« <em>Azdyne est un homme très ouvert, très chaleureux et sympathique</em>« </p><cite>Georges Salines</cite></blockquote>



<p><strong>Maintenant, avec le confinement à Liège, cela doit être difficile, M. Amimour.</strong></p>



<p>AA&nbsp;: Oui [rire]. Je suis piégé, je ne dis pas dans quel état… Je suis sans chauffage central, je dors avec trois <em>pulls</em>… Mais il y a pire. Il y a des enfants qui sont en Syrie qui vivent sous une chaleur de 45-50 degrés et puis en hiver c’est le froid, c’est le vent, ils vivent sous les tentes…&nbsp; On devrait essayer de rapatrier ces enfants [français], des innocents [fils des terroristes]. Je trouve que ce n’est pas humain ça.</p>



<p>À propos des djihadistes, il faut les faire venir, qu’ils soient jugés et puis punis. Et en plus de ça, ce sera une source d’informations pour les autorités. Pouvoir les interroger pour comprendre comment ça se fait, pourquoi ils sont partis.</p>



<p><strong>Votre petite-fille est là-bas aussi.</strong></p>



<p>AA&nbsp;: J’ai une petite-fille qui est là-bas aussi. Mais il y a 250 enfants.</p>



<p>GS&nbsp;: Je suis entièrement d’accord avec Azdyne. Cette situation des enfants français et d’autres pays européens qui sont en Syrie et absolument scandaleuse.</p>



<p><strong>‘Il nous reste les mots’, dit le titre de votre livre. Le dialogue est la clé pour vous deux pour en finir avec la haine. Sommes-nous, nouscitoyens, prêts pour un dialogue ouvert et respectueux ?</strong></p>



<p>AA&nbsp;: Il faut essayer d’être prêt. On ne peut pas rester comme ça, les bras croisés. Il faut faire quelque chose.</p>



<p>GS : Je crois que la très grande majorité des gens sont prêts à ce dialogue. Je rencontre beaucoup de monde dans différents milieux, je regarde aussi les enquêtes d’opinion… On est toujours inquiet parce qu’on voit des gens qui expriment des discours de haine et de refus de l’autre. Mais en fait, les citoyens dans leur très, très grande majorité, oui ils sont prêts à se parler. Et quand ils commencent à se parler, ils finissent par se comprendre mieux.</p>



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			</item>
		<item>
		<title>La sœur du prêtre Jacques Hamel égorgé par Daech: «Il disait : ‘C’est partageant les différences que la paix pourra prendre ses racines’»</title>
		<link>https://salamplan.com/fr/terrorisme/la-soeur-du-pretre-egorge-par-daesh-jacques-disait-cest-partageant-les-differences-la-paix-pourra-prendre-ses-racines/20190724</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maria Torrens]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jul 2019 13:29:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Terrorisme]]></category>
		<category><![CDATA[catholiques]]></category>
		<category><![CDATA[chrétiens]]></category>
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		<category><![CDATA[Victimes du terrorisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce 26 juillet il fait trois ans que le prêtre Jacques Hamel a été égorgé par deux terroristes quand il célébrait une messe matinale à Saint-Etienne-du- Rouvray (Rouen). Ce jour-là les médias ont informés de la prise d’otage pendant qu’elle se déroulait et le père Hamel essayait de parler avec les terroristes. Finalement il n’a pas survécu à l’attaque que Daech a revendiqué après. Des représentants chrétiens, musulmans et juifs sont venus ensemble aux obsèques pour démontrer l’unité et le respect entre les religions dans une célébration ou la sœur de cette victime mortelle a demandé à tout le monde d’être « artisans de la paix ». Jacques Hamel était un défenseur du dialogue entre les religions. Aujourd’hui il est en procès...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce 26 juillet il fait trois ans que le prêtre <strong>Jacques Hamel</strong> a été égorgé par deux terroristes quand il célébrait une messe matinale à <strong>Saint-Etienne-du- Rouvray (Rouen)</strong>. Ce jour-là les médias ont informés de la prise d’otage pendant qu’elle se déroulait et le père Hamel essayait de parler avec les terroristes. Finalement il n’a pas survécu à l’attaque que <strong>Daech</strong> a revendiqué après.<span id="more-4392"></span></p>
<p>Des représentants <strong>chrétiens, musulmans et juifs sont venus ensemble</strong> aux obsèques pour démontrer l’unité et le respect entre les religions dans une célébration ou la sœur de cette victime mortelle a demandé à tout le monde d’<strong>être « artisans de la paix »</strong>.</p>
<p>Jacques Hamel était un défenseur du dialogue entre les religions. Aujourd’hui il est en procès de béatification au Vatican car il est considéré un martyr par l&rsquo; Église catholique. Sa sœur, <strong>Roseline Hamel</strong>, a parlé au téléphone avec <span style="color: #008000;"><a style="color: #008000;" href="salamplan.com">Salam Plan</a></span> sur son deuil, qu’elle a transformé dans une mission pour la paix, comme son frère -mort à 86 ans- aurait voulu.</p>
<h4 style="text-align: center;"><span style="color: #008000;"><em>&gt;&gt;&gt; Suivez Salam Plan -du journalisme contre la haine sur <span style="color: #0000ff;"><a style="color: #0000ff;" href="https://twitter.com/SalamPlan">Twitter</a></span> et <span style="color: #0000ff;"><a style="color: #0000ff;" href="https://www.facebook.com/SalamPlanCommunity/">Facebook</a></span> . Et trouvez plus de contenu en espagnol ou anglais! &lt;&lt;&lt;</em></span></h4>
<p><strong>Comment allez-vous ? Comment se sont passé ces années de deuil ?</strong></p>
<p>La douleur est toujours très vibrante dans notre esprit et notre corps. Nous avons fait un gros chemin depuis trois ans, nous avons tout d’abord eu beaucoup de mal à accepter de partager le père Hamel, notre frère, notre oncle -comme disent mes enfants- , car nous ne comprenions pas pourquoi dès tous les quatre cons de la planète jusqu’en Afrique, de chaque État, des différentes personnes manifestaient leur grande peine très profonde de ce qui [était passé au] père Hamel , la blessure sur son corps, avant d’être égorgé dans son habit de prêtre après avoir célébré la passion du Christ et prié pour la paix.</p>
<p>Il nous a fallu attendre le moment des obsèques, où la cathédrale de Rouen était pleine. On a compris qu’ il fallait partager notre frère, notre oncle, parce qu’il est devenu frère universel. Moi, personnellement, j’ai décidé de faire mon deuil autrement et témoigner de mon frère.</p>
<blockquote>
<h4><em><span style="color: #008000;">Soyons curieux de cette multitude de l’homme que Dieu nous a voulu différent, avec le cœur ouvert à se rencontrer et d’avoir un échange plein des bons fruits</span></em></h4>
</blockquote>
<p><strong>Et vous avez décidé d’écrire un livre sur lui : <em>Jacques, mon frère</em> (Ed. Bayard).</strong></p>
<p>J’était pas tellement décidée au départ, parce que je jugé ma vie tellement banale que je me demandé si ça allait intéresser à personne. Avec l’insistance de mes interlocuteurs religieux et journalistes catholiques j’ai enfin décidé d’écrire ce livre avec l’aide d’une journaliste d’un quotidien catholique.</p>
<p><strong>Est-ce que cela vous a aidé à faire le deuil ?</strong></p>
<p>Ce qui m’a aidé à faire le deuil c’est d’une partie -oui- ce livre, mais bien avant que j’aie décidé de marcher sur les pas de mon frère et de témoigner de sa personne en répondant aux rencontres et par la parole. Témoigner de ce qu’on a vécu sur place, lors de son assassinat.</p>
<p>Ce qu’on a vécu ce jour là était pour nous d’une telle violence que … Je témoin de façon que son martyr porte les fruits positives, dans l’esprit des jeunes, dans leur cœur, de la façon de se comporter, ensemble avec les différences, à être curieux de cette multitude de l’homme que Dieux nous a voulu différent, c’est pour avoir le cœur [ouvert à] se rencontrer, d’être curieux les uns des autres et d’avoir un échange plein des bons fruits, d’humanité.</p>
<p><strong>Aux obsèques de votre frère vous avez demandez aux gens d’être des « artisans de la paix ».</strong></p>
<p>Soyons artisans de la paix chacun à notre manière.</p>
<blockquote>
<h4 style="text-align: left;"><span style="color: #008000;"><em>« Soyons artisans de la paix chacun à notre manière. La clé pour vivre ensemble c’est la rencontre avec les autres »</em></span></h4>
</blockquote>
<p><strong>Ce jour-lá des communautés chrétiennes, musulmanes et juives sont venues ensemble pour prier pour la paix et le père Jacques Hamel. Qu’est-ce qu’il disait sur la haine entre les religions? Avez-vous en parlaient ?</strong></p>
<p>Oui, évidemment. Nous en parlions beaucoup ces dernières années après de que le film sur les [sept] moines de Thibirine [assassinés en Algérie en 1996, où ils <span style="color: #0000ff;"><a style="color: #0000ff;" href="https://www.moines-tibhirine.org/les-7-freres/biographies.html">travaillaient pour le dialogue interreligieux avec leurs frères musulmans</a></span>] avait été mis sur les écrans. C’était une conversation qui revenait souvent.</p>
<p><strong>Qu’est-ce que vous dirait c’est la clé pour vivre ensemble ?</strong></p>
<p>La clé pour vivre ensemble c’est la rencontre avec les autres, parce que Jacques disait ‘c’est par les rencontres, être curieux des différences et [les] partager que la paix pourra prendre ses racines’.</p>
<p><strong>Qu’est-ce qu’il aurait dit s’il aurait survécu l’attentat ?</strong></p>
<p>Il y a une personne âgée comme mon frère qui a était au même temps que lui cet jour à cette église, qui a survécu. Cet homme de 86 ans, au même âge que mon frère, à pratiquement le même physique, j’ai demandé à le rencontrer. J’ai cru voir mon frère. Je lui ai pris dans mes bras et lui ai dit « vous rassemblez tellement à mon frère, j’ai l’impression d’embrasser mon frère ».</p>
<p>Et donc, cette personne j’ai voulu lui rencontrer pour qu’elle me raconte ce qu’il avait vécu ce jour-là. Et il m’a dit : « Moi, tel que vous me voyez, normalement je suis mort. J’ai survécu pour témoigner de ces horribles choses qui se font sur des innocents, et témoigner de ma fois et de la grâce de Dieu ».</p>
<blockquote>
<h4><span style="color: #008000;"><em>« Seulement des grains de paix, un peu chaque jour, c’est le seul remède pour vaincre la haine, parce que la haine détruit et la paix construit »</em></span></h4>
</blockquote>
<p><strong>Dans quel état est le procès de béatification du père Hamel par l’Église catholique ?</strong></p>
<p>Tout ce procès a demandé deux années et les dossiers récoltés de tous ces témoignages des personnes qui ont connu le père Hamel et toute la famille est parti à Rome le mois de mars. C’est monseigneur Dominique Lebrun [archevêque de Rouen] l’a porté lui-même avec quatre jeunes qui ont porté ensemble [toute la documentation, des 2.000 homélies écrit à la main inclus] dans une énorme cantine.</p>
<p>D’après ce que m’a dit monseigneur Dominique Lebrun, le Pape veut que ce dossier soit clos en premier. Il y a plus de mil dossiers en attente.</p>
<p><strong>Quelles sont les plus belles mémoires que vous avez quand vous pensez à lui ?</strong></p>
<p>Les plus belles mémoires c’est le temps que nous partagions avec lui pendant le temps de vacances. Et la plus belle mémoire c’est du jour de son ordination. J’avais 18 ans, lui il avait 28. Je ne comprenais pas trop à ce moment-là l’importance pour lui d’être prêtre. La belle image que je garde de lui, quand il célébrait. Il était très réservé, sa joie il la montrait peu, au même temps que ses tristesses, ses mécontentements. Mais à ce moment-là, quand il célébrait sa messe, il vibrait de la passion de Christ, réellement.</p>
<p><strong>Votre frère et vous-même vous êtes témoins de la paix. Qu’est-ce que vous dirait au gens ?</strong></p>
<p>Le principal c’est que chacun à notre manière laissons grandir notre fois, notre espérance. Seulement des grains de paix, un peu chaque jour, c’est le seul remède pour vaincre la haine, parce que la haine détruit et la paix construit.</p>
<h4 style="text-align: center;"><em><span style="color: #008000;">&gt;&gt;&gt; Vous pouvez lire aussi: <span style="color: #0000ff;"><a style="color: #0000ff;" href="https://salamplan.com/fr/comme-toi/la-saint-valentin-alicia-et-aladin-la-belle-histoire-d-amour-entre-une-catholique-et-un-musulman/20190214">Alicia et Aladin, la belle histoire d’amour entre une catholique et un musulman</a></span>&lt;&lt;&lt;</span></em></h4>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
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		<title>Abdellah Taïa: « La haine en Europe c’est le résultat d’ignorer une partie de la population »</title>
		<link>https://salamplan.com/fr/bibliotheque/abdellah-taia-la-haine-europe-cest-le-resultat-dignorer-une-partie-la-population/20190201</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maria Torrens]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Feb 2019 16:12:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliothèque]]></category>
		<category><![CDATA[Abdellah Taïa]]></category>
		<category><![CDATA[Espagne]]></category>
		<category><![CDATA[Extrême droite]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Islamophobie]]></category>
		<category><![CDATA[Marine Le Pen]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[Xénophobie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Homosexuel, musulman et immigrant. Trois minorités dans une seule personne. L&#8216;écrivain marocain basé à Paris, Abdellah Taïa, parle avec Salam Plan sur son expérience et la manière comment cela l&#8217;aide à créer une littérature provocatrice. Taïa affirme avoir ressenti une « solitude vertigineuse » lorsqu&#8217;il a découvert qu&#8217;il était gay et avoue qu&#8217;aujourd&#8217;hui encore &#8211; avec plus de 40 ans et dans le pays qui bat pavillon de la liberté &#8211; il doit se faire passer pour quelqu&#8217;un d&#8217;autre. Fatigué de donner des explications et d&#8217;essayer de convaincre les homophobes, les racistes et les islamophobes, il assure qu&#8217;il est parfois nécessaire de crier et d&#8217;être brutal « pour que la vérité soit dite ». Sur Marine Le Pen, il dit que ce n&#8217;est pas...</p>
<p>La entrada <a rel="nofollow" href="https://salamplan.com/fr/bibliotheque/abdellah-taia-la-haine-europe-cest-le-resultat-dignorer-une-partie-la-population/20190201">Abdellah Taïa: « La haine en Europe c’est le résultat d’ignorer une partie de la population »</a> se publicó primero en <a rel="nofollow" href="https://salamplan.com/fr">Salam  Plan</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="result-shield-container tlid-copy-target"><span class="tlid-translation translation"><span class="" title="">Homosexuel, musulman et immigrant.</span> <span title="">Trois minorités dans une seule personne. L</span><span class="" title="">&lsquo;écrivain marocain basé à Paris, Abdellah Taïa, parle avec <span style="color: #0000ff;"><a style="color: #0000ff;" href="http://salamplan.com">Salam Plan</a></span> sur son expérience et la manière comment cela l&rsquo;aide à créer une littérature provocatrice.</span></span></div>
<p><span id="more-2979"></span></p>
<p><span class="tlid-translation translation"><span title="">Taïa affirme avoir ressenti une « solitude vertigineuse » lorsqu&rsquo;il a découvert qu&rsquo;il était gay et avoue qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui encore &#8211; avec plus de 40 ans et dans le pays qui bat pavillon de la liberté &#8211; il doit se faire passer pour quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre.</span> <span class="" title="">Fatigué de donner des explications et d&rsquo;essayer de convaincre les homophobes, les racistes et les islamophobes, il assure qu&rsquo;il est parfois nécessaire de crier et d&rsquo;être brutal « pour que la vérité soit dite ».</span></span></p>
<p><span class="tlid-translation translation">Sur <strong>Marine Le Pen</strong>, il dit que ce n&rsquo;est pas elle qui lui dérange, car il croit que des autres politiciens l&rsquo;ont laissé faire et sont aussi responsables de la croissance de l&rsquo;extremisme en Europe. <span class="" title="">Il parle sur <strong>Bilal Hassani</strong>, le candidat français à l&rsquo;Eurovision et qui est victime des attaques homophobes maintenant, et lui envoie des bons désirs. </span></span></p>
<p><span class="tlid-translation translation"><span class="" title="">Il réponde aux questions de Salam Plan par téléphone lors de sa visite en Espagne, où il a présenté cette semaine le livre <em>Celui qui est digne d&rsquo;être aimé</em> (Éditions du Seuil) en espagnol à la Fondation des Trois Cultures de Séville et à la Maison Arabe du Ministère des Affaires Extérieures à Madrid.</span></span></p>
<h4 style="text-align: center;"><span style="color: #008000;"><em>Vous aimez bien Salam Plan- journalisme contre la haine ? Vous pouvez nous suivre sur <span style="color: #0000ff;"><a style="color: #0000ff;" href="https://twitter.com/SalamPlan">Twitter</a></span> ou <span style="color: #0000ff;"><a style="color: #0000ff;" href="https://www.facebook.com/SalamPlanCommunity/">Facebook</a></span>! Plus de contenu en anglais et espagnol. </em></span></h4>
<p><strong>C’était quoi l’objectif de votre livre « Celui qui est digne d’être aimé » ?</strong></p>
<p>Le but principal c’est de montrer comment le colonialisme français continue d’influencer des vies des anciens colonisés et comment le passé colonial n’est pas encore du tout réglé. Cela à travers la vie amoureuse d’un marocain homosexuel qui a 40 ans et qui vit à Paris et qui a le cœur très dur.</p>
<p>Donc c’était pour confronter la vie d’un homosexuel marocain, arabe et musulman au passé colonial français. Comment cettes deux choses continuent d’imposer leur loi et leur vieille justice et comment le colonialisme continue d’interférer dans la façon dont on gère et on regarde les arabes et les musulmans en Europe.</p>
<p><strong>Ça sonne assez autobiographique, n’est-ce pas ?</strong></p>
<p>Tout est autobiographique dans l’art. Je peux pas parler de choses qui ne me touchent pas profondément et qui ne réveillent pas en moi colère ou bien une excitation artistique. Je suis incapable d’écrire de la fiction pure mais je suis pas non plus dans la littérature autobiographique <em>nombreliste</em>. Je ne veux pas parler de moi complètement.</p>
<p>Je choisis juste des choses très précises pour signifier quelque chose de plus grand, quelque chose qui fait que le livre finalement -même s’il parle d’un héro homosexuel- il concerne d’autres gens aussi, dans le monde et dans la société.</p>
<p><strong>La lettre à Malika, a la mère morte de l’héros, est brutal, sans aucune piété. Pourquoi ?</strong></p>
<p>Le livre tout entier est brutal. C’est un livre qui est dominé par une colère déterminée, une colère postcoloniale très justifiée, et pour comprendre ce qui se passe dans chaque lettre, il faut aller jusqu’au bout, jusqu’à la dernière lettre.</p>
<p>En fait, le but dans ce livre c’est tout le mettre en question, y compris les origines, le rapport à la maire, à Maroc (…) jusque à arriver à Paris et à ce personnage qui s’appelle Emmanuel.</p>
<p>Je pense qu’à un moment donné dans la vie et dans l’art on ne peut pas parler gentiment. Parfois il faut crier, parfois il faut être dans la confrontation, parfois il faut exagérer d’une manière extrême pour que la vérité soit dite. Je pense que la littérature est là pour dire des choses extrêmes qui ont un sens fort qui bouleverse et qui, peut-être, même scandalisent.</p>
<p>Alors, je sais qu’il y a des gens qui pensent que je suis méchant avec ma mère, ou bien avec la mère. En fait, le héros -et moi avec lui- on n’est pas méchants avec la mère. On est dans un dans un affrontement, dans un règlement des comptes très justifié.</p>
<blockquote>
<h4><span style="color: #008000;"><em>Je n’ai pas le droit de me plaindre plus que les autres, mais ce n’est pas une raison de se soumettre devant le racisme décomplexé, alors que normalement on est dans le continent des droits de l’homme</em></span></h4>
</blockquote>
<p><strong>Ahmed, le héros, est musulman, migrant et homosexuel, comme vous : trois minorités dans une seule personne. Cela ne doit pas être facile à gérer.</strong></p>
<p>Je ne veux pas me plaindre. J’imagine qu’il doit y avoir en Espagne des gens qui vivent dans la plus grande pauvreté, il peut avoir des gens en France qui n’ont pas de quoi manger et dont personne ne parle.</p>
<p>Moi, j’ai réussi à devenir écrivain et je mange ; j’ai un petit appartement à Paris. Donc je n’ai pas le droit de me plaindre plus que les autres. Mais ce n’est pas une raison de se soumettre devant le racisme décomplexé qui touche les migrants, les arabes, les musulmans dans les pays européens dans ce moment.</p>
<p>Je pense qu’on doit se résister à cela, à cette haine qui se réveille et qui se propage en Occident, alors que normalement on est dans le continent des droits de l’homme.</p>
<p><strong>Quand vous écoutez des gens, des politiciens comme Marine Le Pen dire qu’on est en danger par la migration musulman, qu’est-ce que vous pensez ?</strong></p>
<p>À vrai dire, ce n’est pas Marine Le Pen qui me dérange, il faut être claire. Marine Le Pen et le Front National, ils sont là depuis longtemps. Le problème c’est qu’on a tout fait pour encourager, les autres partis l’ont laissé faire. Ils n’ont pas réglé les problèmes de la société -économiquement d’abord- qui ont fait que les gens vont se tourner à l’extrémisme.</p>
<p>Il ne faut pas se concentrer sur Marine Le Pen comme si elle était la responsable de tout ce qui se passe dans la société européenne. L’extrême droite et ce qu’on voit aujourd’hui comme le réveille de la haine c’est le résultat des politiques qu’ignorent une partie de la population depuis longtemps déjà.</p>
<p>Ça ne veut pas dire que je suis d’accord avec Marine Le Pen, hein ? Mais il ne faut pas designer un seul coupable, ça c’est trop facile.</p>
<blockquote>
<h4><span style="color: #008000;"><em>Je ne sais pas si je serai dans ma peau complètement, ni au Maroc ni en France. Parce que j’ai encore le sentiment que je suis encore très seule partout</em></span></h4>
</blockquote>
<p><strong>Qu’est-ce qu’on a fait mal et qu’est-ce qu’on a fait bien là avec la migration, l’un des sujets plus polémiques aujourd’hui en Europe ?</strong></p>
<p>On les a marginalisés quand on avait besoin des bras travailleurs migrants qu’on ne paye pas très bien, pas comme les autres citoyens européens, dans les années 60-90 et encore. Et on les a <em>ghettoiser</em> dans des banlieues loin des centres. Et aujourd’hui on fait comme s’ils étaient un véritable danger contre les démocraties européennes, alors que ce sont les pouvoirs qui ont tout fait pour ne pas leur donner les mêmes chances que les autres citoyens.</p>
<p>Si aujourd’hui il y a une certaine colère des immigrés, c’est une colère qui peut être compréhensible. Quand on voit les migrants aux chemins à la télé, il est traité comme si cela serait un spectacle, quelque chose qui passe à la télévision et après on passe à une autre chose. C’est choquant entre ce traitement-là de certes êtres humains qui veulent venir ici et le fait qu’au même temps ici c’est la loi, le respect des libertés individuelles et des droits de l’homme. C’est comme si ces droits de l’homme n’étaient que destinés aux européens blancs.</p>
<p><div id="attachment_2984" style="width: 1034px" class="wp-caption aligncenter"><img aria-describedby="caption-attachment-2984" loading="lazy" class="wp-image-2984 size-large" src="https://salamplan.com/wp-content/uploads/2019/02/Abdellah-Taïa-1-1024x1024.jpg" alt="" width="1024" height="1024" srcset="https://salamplan.com/wp-content/uploads/2019/02/Abdellah-Taïa-1-1024x1024.jpg 1024w, https://salamplan.com/wp-content/uploads/2019/02/Abdellah-Taïa-1-150x150.jpg 150w, https://salamplan.com/wp-content/uploads/2019/02/Abdellah-Taïa-1-300x300.jpg 300w, https://salamplan.com/wp-content/uploads/2019/02/Abdellah-Taïa-1-768x768.jpg 768w, https://salamplan.com/wp-content/uploads/2019/02/Abdellah-Taïa-1.jpg 1414w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><p id="caption-attachment-2984" class="wp-caption-text">Abdellah Taïa: « Cette haine va nous mener à un troisième guerre mondiale » . Photo cédée</p></div></p>
<p>C’est extrêmement choquant surtout pour quelqu’un comme moi, qui est musulman, arabe et homosexuel et c’est comme si les gens attendaient que moi je sois l’arabe gentil, l’arabe civilisé, l’arabe libéré et que je suis pas comme les autres arabes, comme les autres musulmans, comme les autres migrants. C’est faux : je suis complètement comme le syrien qui travers la route, qui fuit la guerre dont l’Occident a une immense responsabilité, parce que quand l’Occident veut vendre des armes à ces gens-là, ils n’ont pas de problème.</p>
<p>C’est une situation très complexe où l’Occident ne dit pas clairement qu’il ne veut pas des immigrants musulmans, il rejet construire des mures… et au même temps ils n’ont pas les droits de l’homme. C’est extrêmement choquant et dangereux, pas seulement pour les migrants mais pour les pays eux-mêmes, parce qu’on commence toujours par maîtriser les plus faibles et c’est après que la haine se propage plus fortement dans la société. Aujourd’hui les plus faibles c’est les migrants, alors qu’est-ce que ça va être demain ? Cette haine va nous mener à un troisième guerre mondiale.</p>
<blockquote>
<h4><em><span style="color: #008000;">J’ai subi la haine, le rejet, le viol… j’ai subis plein des choses très, très dures. Mais aujourd’hui je comprends qu’est-ce qui s’est passé et  je suis prêt à pardonner</span></em></h4>
</blockquote>
<p><strong>Dans votre œuvre vous parlez aussi beaucoup de l’homosexualité. Comment avez-vous vécu votre homosexualité au Maroc et maintenant en France ? </strong></p>
<p>Ce ne sont pas des livres sur l’homosexualité, mais l’homosexualité est toujours là, présente avec d’autres enjeux littéraires. C’est très important de ne pas traiter l’homosexualité comme si c’était quelque chose qui se passe en dehors des enjeux importants de la société. Pour moi il est toujours important de ramener l’homosexualité au cœur du monde, de la famille, de la politique, au cœur des classes sociales et des luttes et ne pas la prêter à part. Je ne veux pas me marginaliser encore plus.</p>
<p>C’est-ce que j’essai de faire aussi avec le Maroc -où j’ai vécu jusqu’aux 25 ans-, avec ma famille… et bien si cela n’a pas été facile, je comprends aujourd’hui que l’homophobie dans laquelle j’ai grandi était une homophobie institutionalisé par le pouvoir, par le système qui maintenait les gens dans l’ignorance.</p>
<p>J’ai subi la haine, le rejet, le viol… j’ai subis plein des choses très, très dures. Mais aujourd’hui je comprends qu’est-ce qui s’est passé et je pense que je suis prêt à pardonner, parce qu’il faut dénoncer mais il faut aussi pardonner. En tout cas je pardonne et il faut surtout interpeller le pouvoir pour lui demander de changer la situation : il y a des lois qui criminalisent les homosexuels au Maroc.</p>
<p>Pour l’Europe, la France, il y avait évidemment plus des libertés, il y avait des lois qui protégeaient <em>a priori</em>. Il y a une forme de racisme subtile, même sur les homosexuels, il faut le dire. Donc il fallait aussi lutter contre cela.</p>
<p>Je ne sais pas si je serai dans ma peau complètement, ni au Maroc ni en France. Parce que j’ai encore le sentiment que je suis encore très seule partout.</p>
<p><strong>Parce que vous n’avez pas des personnes qui vous aident ou pourquoi ?</strong></p>
<p>Non, c’est un sentiment intérieur. C’est le sentiment quand on découvre qu’on est homosexuel quand on est un petit garçon ou bien adolescent, on sent une solitude vertigineuse et on comprend qu’on doit aller vers les gens, leur parler, les convaincre, argumenter avec eux… jusque pour qu’ils vous acceptent un tout petit peu. Et ça continue en Europe. Il faut toujours presque jouer un autre personnage juste pour que les gens -au Maroc comme en France- vous regardent pas d’une manière bizarre.</p>
<blockquote>
<h4><em><span style="color: #008000;">Il y a un moment donné où on est fatigué de convaincre les gens, de convaincre les racistes, les islamophobes, le pouvoir… donc il faut juste se concentrer à ce qu’on veut faire</span></em></h4>
</blockquote>
<p><strong>Bilal Hassani, le candidat de la France à l’Eurovision est la cible d’une campagne de haine homophobe sur les réseaux sociaux. Qu’est-ce que vous lui dirait et qu’est-ce que vous dirait aux gens qui l’attaquent ?</strong></p>
<p>C’est le vote du public qui l’a fait gagner, il faut pas l’oublier. Moi, franchement, je l’adore ce garçon, je le suis et je regarde ses vidéos depuis plusieurs mois déjà. Je le trouve formidable et j’ai beaucoup, beaucoup de tendresse pour lui. Je l’aime, voilà. La haine, malheureusement, ne s’arrête pas, elle vient de partout.</p>
<p>Il y aura toujours de gens qui ne veulent pas entendre ce qu’on dit et qu’il faut toujours essayer de convaincre, mais il y a un moment donné où on est fatigué de convaincre les gens, de convaincre les racistes, les islamophobes, le pouvoir… donc il faut juste se concentrer à ce qu’on veut faire. La vie est une grande prise de risque. Il faut prendre le risque et, comme dit le poète français René Char, à vous regarder marcher, Bilal, ils s’habitueront.</p>
<h4 style="text-align: center;"><em><span style="color: #008000;">Vous aimez bien Salam Plan- journalisme contre la haine ? Vous pouvez nous suivre sur <span style="color: #0000ff;"><a style="color: #0000ff;" href="https://twitter.com/SalamPlan">Twitter</a></span> ou <span style="color: #0000ff;"><a style="color: #0000ff;" href="https://www.facebook.com/SalamPlanCommunity/">Facebook</a></span>! Plus de contenu en anglais et espagnol.</span> </em></h4>
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		<title>Les victimes de l&#8217;attentat à Nice deux ans plus tard : «On est toujours sous le choc »</title>
		<link>https://salamplan.com/fr/terrorisme/les-victimes-lattentat-nice-deux-ans-plus-tard-on-est-toujours-sous-le-choc/20180714</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maria Torrens]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Jul 2018 22:08:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Terrorisme]]></category>
		<category><![CDATA[Attentat de Nice]]></category>
		<category><![CDATA[Daesh]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Mémorial des Anges]]></category>
		<category><![CDATA[Mohammed Lahouaiej-Bouhlel]]></category>
		<category><![CDATA[musulmans]]></category>
		<category><![CDATA[Nice]]></category>
		<category><![CDATA[Promenade des Anges]]></category>
		<category><![CDATA[Promenade des Anglais]]></category>
		<category><![CDATA[Victimes du terrorisme]]></category>
		<category><![CDATA[Yassine Bourouais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Du temps. Et de l’attention psychologique. C&#8217;est cela dont les victimes ont le plus besoin pour reprendre leurs vies, explique Yassine Bourouais dans cet entretien avec Salam Plan. Il est le président de l&#8217;association des victimes de l&#8217;attaque de Nice « Promenade des Anges », paraphrasant le nom de la promenade des Anglais où le 14 juillet 2016 un terroriste a assassiné 86 personnes et a laissé des centaines de blessés, mais non seulement physiquement (450), aussi psychologiquement. L&#8217;état de choc pour de nombreux survivants continue. Le terroriste Mohammed Lahouaiej-Bouhlel a loué un camion pour foncer sur les gens qui se sont rassemblés pour la fête nationale française. Il a passé à 5 mètres de Yassine Bourouais. Il dit que beaucoup de...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Du temps. Et de l’attention psychologique. C&rsquo;est cela dont les victimes ont le plus besoin pour reprendre leurs vies, explique <strong>Yassine Bourouais</strong> dans cet entretien avec <a href="salamplan.com">Salam Plan</a>. Il est le président de l&rsquo;association des victimes de l&rsquo;attaque de Nice « <strong>Promenade des Anges </strong>», paraphrasant le nom de la promenade des Anglais où le 14 juillet 2016 un terroriste a assassiné 86 personnes et a laissé des centaines de blessés, mais non seulement physiquement (450), aussi psychologiquement. L&rsquo;état de choc pour de nombreux survivants continue.<span id="more-1536"></span></p>
<p>Le terroriste Mohammed Lahouaiej-Bouhlel a loué un camion pour foncer sur les gens qui se sont rassemblés pour la fête nationale française. <strong>Il a passé à 5 mètres de Yassine Bourouais</strong>. Il dit que beaucoup de ceux qui ont survécu n&rsquo;ont pas pu retourner au travail ; lui-même, il commence à revenir maintenant de profondes dépressions et n&rsquo;a pas pu retourner à son travail comme psychologue. D&rsquo;autres personnes ont quitté Nice et de nombreux enfants ne sont pas allés à l&rsquo;école l&rsquo;année suivante à l’attaque, certains ne sont pas non plus allés le cours qui vient de s&rsquo;achever.</p>
<p><strong>1.100 enfants sont inscrits à l&rsquo;hôpital pédiatrique de Nice pour y recevoir des soins psychiatriques</strong>, soit pour avoir été à l&rsquo;endroit immédiat de l’attentat, soit parce qu’ils sont affectés à travers les réseaux sociaux et leur environnement. Ils doivent attendre trois ou quatre mois pour avoir un rendez-vous, car les ressources sont limitées, dénonce Bourouais.</p>
<p><strong>Un tiers des victimes était musulman</strong>. « Je ne sais pas si de confession, mais d’éducation ou culture », indique le président de cette association de victimes. Il connaît des cas de survivants musulmans qui ont dû écouter des insultes à la suite de l&rsquo;attaque, mais il souligne que dans leur association tous sont égaux et aucune distinction n&rsquo;est faite entre les religions. Précisément, les différentes cérémonies d&rsquo;hommage aux victimes du deuxième anniversaire de l’attaque ce samedi à Nice comprennent une célébration interreligieuse.</p>
<p><strong>Deux ans après l’attentat, quels sont les demandes principales des victimes de votre association ?</strong></p>
<p><div id="attachment_1544" style="width: 160px" class="wp-caption alignright"><img aria-describedby="caption-attachment-1544" loading="lazy" class="wp-image-1544 " src="https://salamplan.com/wp-content/uploads/2018/07/Niza-Yassine-Bourouais-presidente-asoc-víctimas-ok-269x300.jpg" alt="" width="150" height="150" /><p id="caption-attachment-1544" class="wp-caption-text">Yassine Bourouais. Photo cédée.</p></div></p>
<p>Deux ans après les victimes sont toujours en état de <em>sidération</em>, on vient de comprendre -pour beaucoup- maintenant ce qui s’est passé, les personnes qu’on a perdues, on vient de sortir maintenant de notre isolément. Alors, on demande de la prise en charge psychologique.</p>
<p>Ensuite, il y a beaucoup qui se trouve dans la situation de perte d’emploi, de la capacité d’exercer leurs métiers. Donc pour ceux-ci on demande de la formation professionelle, un financement de formation dont l’objectif est la reconversion professionelle, c’est-à-dire : recommencer la vie à cero.</p>
<p><strong>Ça c’est pour les victimes blessées, j’imagine.</strong></p>
<p>Que ce-soit pour les blessés physiques ou psychologiques, ou même pour les familles en deuil. Franchement, c’est difficile de reprendre sa vie normalement avec les mêmes compétences. J’ai connu beaucoup de victimes qui sont allées vivre ailleurs pour pouvoir se reconstruire.</p>
<p>Ça demande beaucoup de temps, ce n’est pas un travail qu’on peut faire en deux ans. Deux ans, c’est toujours tôt. Ça va prendre des années.</p>
<p><strong>Est-ce que les autorités, l’État, la mairie vous aident ?</strong></p>
<p>On est toujours en contact avec les autorités locales, la mairie, la préfecture ou même l’État. Il y a des choses qui sont en train de se mettre en place progressivement, mais ça demande beaucoup de temps.</p>
<p>On a des besoins directement liés à l’attentat. J’ai des familles en deuil qui cherchent toujours les objets de leurs décédés, que deux ans après les familles reçoivent les rapports d’autopsie&#8230;</p>
<p><strong>Deux ans après ?</strong></p>
<p>Oui, les victimes n’étaient pas dans la capacité d’aller chercher ces pièces de documents, mais maintenant les victimes commencent à sortir de leur isolément. C’est douloureux pour beaucoup de familles.</p>
<h4 style="text-align: center;"><em><span style="color: #008000;">&gt;&gt;&gt; Vous pouvez lire aussi: <a href="https://salamplan.com/fr/terrorisme/le-mari-lucile-garcia-victime-lattentat-liege-le-ministre-geens-nest-pas-responsable-des-conditions-des-conges-penitentiaires/20180704">Le mari de Lucile García, victime de l&rsquo;attentat de Liège: Le ministre Geens n&rsquo;est pas responsable pour des conditions des congés penitentiaires</a> &lt;&lt;&lt;</span></em></h4>
<p><strong>Vous-êtes victime vous-même, alors vous savez comment c’est vivre jour à jour ce drame.</strong></p>
<p>Je suis un survivant de cet attentat. J’étais sur la Promenade des Anglais le 14 juillet 2016, j’étais au maximum à cinq mètres du camion, donc j’ai frôlé la mort. C’est-ce qui m’a encore plus blessé c’est le fait de rester sur place dans les heures qui ont suivi l’attentat. J’essayais d’aider les personnes, d’aider les blessés… C’était dramatique de voir les gens mourir. Je ne pouvais rien faire. C’était très, très violent.</p>
<p><strong>Comment est-ce qu’on affronte le jour à jour après.</strong></p>
<p>Moi, au début c’était une crise qui va passer, je suis allé passer quelques jours de vacances. T’éloigner de Nice, ça va t’aider. Et puis, après c’est la chute aux enfers. J’ai souffert de dépression profonde à partir de novembre 2016.</p>
<p>Je me relève doucement, doucement. Je n’ai pas encore repris mon activité professionnelle. Je me reconstruis, je suis toujours suivi par un <em>psych</em>… la vie n’est plus la même.</p>
<blockquote><p><span style="color: #008000;"><em>« Au début c’était une crise qui va passer, je suis allé passer quelques jours de vacances. T’éloigner de Nice, ça va t’aider. Et puis, après c’est la chute aux enfers »</em></span></p></blockquote>
<p>Par exemple après le match de foot France-Belgique [cette semaine], il y a eu un mouvement de foule très près de moi ici à Nice, il y a eu des blessés. Et j’habite près d’une caserne de pompiers et j’ai perçu une activité inhabituelle des pompiers, c’est-à-dire, que j’ai vu la sortie des plusieurs ambulances et, franchement, ça m’a heurté beaucoup.</p>
<p>C’est-ce que j’ai vu c’était un retour… Je me suis de tout rappelé. J’ai appelé mes amis pour demander qu’est-ce qui se passe. Voilà, ce n’est pas encore fini, on est toujours sous le choc.</p>
<p><strong>C’est très important ce que vous dites, parce que -au moins aux média- un an après tout le monde parle sur ça, mais deux ans après ceux qui n’ont pas vécu ce ça peut-être pensent que…</strong></p>
<p>Que c’est facile de passer à une autre chose, mais ce n’est pas facile.</p>
<p><strong>Votre association a remis au service de pédopsychiatrie de l’hôpital d’enfants de Nice 60.000 euros pour la prise en charge des enfants et des adolescents victimes de l’attentat. Combien des mineurs ont été victimes et est-ce que l’État n’offre pas le financement nécessaire pour une attention appropriée aux enfants victimes ?</strong></p>
<p>À l’hôpital L’Enval de Nice, 1.100 enfants sont suivis pour des motifs de stress posttraumatique, de dépression et des phobies liées directement à l’attentat. Notre association a décidé de faire ce don pour aider l’hôpital, parce qu’on fait ça manque cruellement des moyens, ça manque cruellement des spécialistes -on n’a pas de pédopsychiatres spécialistes en psycho traumatisme.</p>
<p>L’État, ce qu’il propose reste des moyens basiques, je ne vois rien de spécifique pour les victimes. Il y a juste des moyens basiques : trois psychologues, deux psychiatres pour 1.100 enfants. Les familles, quand elles demandent un rendez-vous, ça peut prendre trois ou quatre mois pour avoir un premier rendez-vous.</p>
<p><strong>Vous disiez que beaucoup d’entre les adultes n’ont pas repris leur travail. Que s’est-il passé dans le cas des enfants ? Est-ce qu’ils vont à l’école ?</strong></p>
<p>L’année 2016-2017, beaucoup d’enfants ont été déscolarisés. Beaucoup ont appris le décès de leurs amis de l’école sur les réseaux sociaux. Même s’ils n&rsquo; étaient pas sur place pendant l’attentat, ils étaient impactés par les vidéos, par les médias et les réseaux sociaux. Aujourd’hui c’est problématique, parce qu’on n’arrive pas à identifier les problèmes de ces enfants.</p>
<p>J’ai vu quelques-uns qui sont toujours déscolarisés. Cette semaine j’ai reçu un mail de la maman d’une fille -qui a perdu à son frère- et qui était allé étudier ailleurs mais ça a été un échec et la maman voulais bien que sa fille revienne près d’elle.</p>
<p>Ça reste des cas individuels. On n’a pas un chiffre exact concernant des enfants ou adolescents déscolarisés, on a même des adultes universitaires…</p>
<blockquote><p><span style="color: #008000;"><em>« L’État, ce qu’il propose reste des moyens basiques, je ne vois rien de spécifique pour les victimes »</em></span></p></blockquote>
<p><strong>Êtes-vous satisfait avec l’enquête judiciaire sur l’attentat jusqu’à présent ? </strong><strong>Un homme accusé d’être complice de l’auteur du massacre s’est suicidé ce mois de juin dans la prison pendant sa détention provisoire, selon <em><a href="http://www.liberation.fr/france/2018/06/11/un-detenu-implique-dans-l-attentat-de-nice-se-suicide-a-fleury-merogis_1658346">Libération</a></em>. </strong></p>
<p>Nous attendons les résultats. Nous avons confiance en la justice française. L’association va se constituer en partie civile. On sait que ça va prendre plusieurs ans d’enquête et jusqu’ à là, on n’a pas d’information.</p>
<p>Depuis l’attentat, le Parquet a communiqué une seule fois avec nos victimes. Octobre prochain il y aura un autre rendez-vous avec le Parquet de Paris pour avoir les informations pour savoir les avances de l’enquête.</p>
<p><strong>Est-ce que les victimes ont reçu leurs indemnisations de part de l’Etat ? Sont-elles justes ?</strong></p>
<p>Il y a des provisions jusqu’à là, parce qu’il faut savoir : c’est un processus. Le fond des garanties attribue des provisions et puis la victime doit voire un médecin expert psychiatre. Dans la suite, s’il y a de consolidation, le fond des garanties propose une indemnisation définitive. Et s’il n’y a pas de consolidation du médecin, le fond verse encore des provisions. Les familles ont reçu les premières provisions, (mais) on n’est pas encore dans les indemnisations finales.</p>
<p>Juste pour des familles en deuil, on leur propose entre 45.000 et 60.000 euros. En termes de réparation, c’est insuffisant.</p>
<p><strong>Après l’attentat il y a eu des donnés approximées qui parlait d’un tier des victimes mortelles étant musulmanes ? Pouvez-vous me confirmer cela et est-ce que les victimes survivantes musulmanes ont eu des problèmes supplémentaires après ?</strong></p>
<p>Je ne peux pas confirmer qu’il s’agit vraiment des musulmans de confession, mais d’éducation ou culturel. Je connais des gens qui s’appelle Yassine, comme moi, ou Mohammed ou d’autres… mais enfin n’ont pas la pratique religieuse. Donc, je peux confirmer qu’il y a un tier de personnes décédées d’origine maghrébine, alors peut-être à priori on peut le dire, mais je ne connaissais pas leur foi.</p>
<p>Ce qui a été choquant après l’attentat, il n’y a pas eu un appelle à la solidarité nationale. Comme-ci, on a visé les musulmans de France pourraient être derrière cet attentat. Je sais de familles qui ont reçu des insultes racistes… Mais bon, je crois en la capacité de résilience et dans notre association on est une famille, on ne fait pas des différences entre les religions, on est tous des victimes et on se respecte.</p>
<blockquote><p><em><span style="color: #008000;">« Il n’y a pas eu un appelle à la solidarité nationale. Comme-ci, on a visé les musulmans de France pourraient être derrière cet attentat »</span></em></p></blockquote>
<p><strong>Vous avez lancé une consultation concernant le mémorial des victimes du 14 Juillet 2016 pour décider sa forme, son emplacement… Quelles sont les possibilités ?</strong></p>
<p>On a quatre possibilités, soit le garder au mémorial provisoire qu’il y a maintenant dans la <a href="http://www.nicetourisme.com/nice/186-villa-massena">Villa Masséna</a>, sur la Promenade des Anglais, aux Jardins d’Albert I et la Colline du Château. Nous, on a lancé la consultation, qui va jusqu’au 15 août.</p>
<p><strong>Il y a eu une partition de l’association, apparemment pour des buts différents des victimes. L’association Mémorial des Anges veut « un lieu de mémoire pour toutes les victimes du terrorisme en France et française hors sol français et de lutte contre la radicalisation et le terrorisme (…, un) Mémorial-Musée ». * Qu’est-ce que vous-en pensez ? </strong></p>
<p>Franchement, il faut consulter les victimes. C’est-ce que j’ai fait, je demande la vie des victimes. Parce qu’on ne peut pas dire qu’on va faire un mémorial pour les victimes françaises mais on ne demande jamais la vie des victimes de Paris, par exemple. On ne demande jamais la vie des victimes de Carcassonne, de Marseille, de la région Rhônes-Alpes. Les victimes à Paris, par exemple, elles n’ont pas à ce jour aucun mémorial, ni provisoire ni définitif, donc il faut le temps en premier, il faut demander la vie de victimes aussi.</p>
<p><strong>Qu’est-ce qu’on va faire avec tous les objets conservés que les gens ont laissé les jours après l’attaque </strong><strong>dans la Promenade des Anglais pour leur rendre hommage ?</strong></p>
<p>Ils sont conservés dans un centre d’archive. Ils ont été nettoyés et protégés. Maintenant, ce qu’on va faire, c’est à voir avec les victimes. On ne sait pas encore.</p>
<p>S’il y a quelque chose dont j’ai envie d’insister, c’est le temps : pour quelques familles, on peut passer à d’autres choses et faire un mémorial de mémoire, un mémorial définitif… pour beaucoup de familles, ce n’est pas encore le temps. Il faut laisser le temps à chacun. Si on fait quelque chose, on le fait avec l’aval de tout le monde.</p>
<p><strong>Vous le dites comme psychologue aussi.</strong></p>
<p>Je pense que c’est important, parce que la mémoire, c’est une construction. Il faut accepter les hommages, les indemnisations, le résultat de l’action pénale, la reconnaissance de l’État… Il faut accepter tout ça pour passer à la mémoire. Mais ça demande encore des années.</p>
<p><em>* Salam Plan a contacté par écrit avec l’association Mémorial des Anges pour interviewer aussi un de ses porte-paroles, mais n’a pas reçu aucune réponse.</em></p>
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		<title>C&#8217;est ainsi que les musulmans d&#8217;Europe vivent le Ramadan: beaucoup plus que le jeûne</title>
		<link>https://salamplan.com/fr/a-propos-l-islam/cest-ainsi-les-musulmans-deurope-vivent-le-ramadan-beaucoup-plus-le-jeune/20180611</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maria Torrens]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Jun 2018 20:44:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À propos l'Islam]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[Asif Arif]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dès la France, Royaume-Uni, l’Allemagne ou l&#8217;Espagne, des citoyens européens racontent comment ils célèbrent leur mois sacré. Elisa préfère ne pas publier son nom de famille dans cette histoire. Il y a sept ans, elle s&#8217;est convertie à l&#8217;islam et considère qu&#8217;être musulmane de parents Espagnols est «un défi supplémentaire, car ce n&#8217;est pas habituel». «Le stéréotype attire beaucoup, tant du côté musulman que du côté non musulman», explique le professeur de 39 ans. La décoration festive remplit les rues des pays à majorité musulmane ces jours-ci, parce que le Ramadan est avant tout une célébration, une en mémoire de quand ils croient que le Coran a été révélé à Muhammad. En fait, à la fin de ce mois lunaire...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dès la France, Royaume-Uni, l’Allemagne ou l&rsquo;Espagne, des citoyens européens racontent comment ils célèbrent leur mois sacré.</p>
<p><span id="more-1267"></span></p>
<p>Elisa préfère ne pas publier son nom de famille dans cette histoire. Il y a sept ans, elle s&rsquo;est convertie à l&rsquo;islam et considère qu&rsquo;être musulmane de parents Espagnols est «un défi supplémentaire, car ce n&rsquo;est pas habituel». «Le stéréotype attire beaucoup, tant du côté musulman que du côté non musulman», explique le professeur de 39 ans.</p>
<p>La décoration festive remplit les rues des pays à majorité musulmane ces jours-ci, parce que le <strong>Ramadan</strong> est avant tout une célébration, une en mémoire de quand ils croient que le Coran a été révélé à Muhammad. En fait, à la fin de ce mois lunaire cette semaine, des cadeaux sont donnés lors de la célébration de l&rsquo;<em><strong>Aïd al-Fitr</strong></em>.</p>
<p>En Europe, il est difficile de trouver un endroit où les espaces publics montrent un signe de ce mois spécial pour <a href="http://www.pewresearch.org/fact-tank/2017/11/29/5-facts-about-the-muslim-population-in-europe/">5% de sa population</a>. Un de ces coins est à <strong>Ceuta (Espagne)</strong>. Une <a href="https://elfarodeceuta.es/encendido-luces-ramadan-ceuta-noche-miercoles/">illumination spéciale</a> est installée dans leurs rues pour souhaiter un joyeux Ramadan à la population musulmane.</p>
<p>L&rsquo;avocate et conseillère municipale de Ceuta, <strong>Fatima Hamed Hossain</strong> (40 ans), affirme que l&rsquo;atmosphère dans sa ville est ce qu&rsquo;elle aime le plus à cette période de l&rsquo;année. «Heureusement, le fait que près de la moitié des Espagnols ici garde le jeûne pendant le mois de Ramadan encourage l&rsquo;interaction, la coexistence et la connaissance mutuelle».</p>
<p>Les communautés musulmanes organisent des activités telles que les championnats de football ou de longues promenades dans la ville espagnole de Melilla, par example. Ils se retrouvent aussi souvent dans des dîners de groupe pour la célébration de <em>l&rsquo;iftar</em>, quand ils rompent le jeûne au coucher du soleil. Parfois, ces rencontres sont même interreligieuses pour encourager le dialogue, comme celles qu&rsquo;Arco Forum et Casa Turca («Maison Turque») organisent à Madrid depuis six ans. Ou comme « The Big Iftar » qui a eu lieu la semaine dernière pour la première fois au Parlement britannique.</p>
<blockquote><p><span style="color: #008000;"><em>«L&rsquo;esprit communautaire est ce que j&rsquo;aime le plus du Ramadan. C&rsquo;est comme un festival d&rsquo;un mois»</em></span></p>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #008000;"><em>&#8212; Tez Ilyas, comédien Britannique</em></span></p>
</blockquote>
<p>L&rsquo;esprit communautaire est aussi ce que le <a href="http://tezilyas.com/">comédien Britannique Tez Ilyas</a> (35 ans) aime le plus du Ramadan. «C&rsquo;est comme un festival d&rsquo;un mois», sourit-il. Bien que le Ramadan soit généralement connu parmis des non-musulmans comme étant le mois de jeûne, pour les musulmans avec lesquels <a href="salamplan.com/fr">Salam Plan</a> a parlé cet aspect est presque le moins important.</p>
<p>Le Ramadan est aussi partager «des moments d&rsquo;échange et de fraternité», explique <strong>Iaad Ben Diah</strong> (26 ans). Il est originaire de <strong>Toulouse (France)</strong>, bien qu&rsquo;il vive à Paris depuis trois ans maintenant. Il étudie un doctorat en mathématiques et préside l&rsquo;association des <strong>Étudiants Musulmans de France</strong> <strong>(EMF)</strong>. Il assure que ni dans sa ville ni dans la capitale française il n&rsquo;a jamais eu du problème pour célébrer le Ramadan, malgré l&rsquo;islamophobie croissante et les nombreux partisans que <strong>Marine Le Pen</strong> récolte dans le pays.</p>
<p>«Il y a la France des médias et la France du terrain. Je vis très bien en tant que citoyen français de confession musulmane (&#8230;). La France est un pays de liberté et de tolérance où chacun peut vivre sa foi et ses fêtes religieuses en toute sérénité», affirme-t-il. «Madame Le Pen n&rsquo;a vraiment aucun impact sur ma vie personnelle du quotidien».</p>
<blockquote><p><span style="color: #008000;"><em>«Il y a la France des médias et la France du terrain. Je vis très bien en tant que citoyen français de confession musulmane. Madame Le Pen n&rsquo;a vraiment aucun impact sur ma vie personnelle»</em></span></p>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #008000;">&#8212; Iaad Ben Diah, Étudiants Musulmans de France</span></p>
</blockquote>
<p><strong>Asif Arif</strong> (30 ans), avocat parisien et collaborateur régulier de divers médias, partage cet avis: «Tout le <em>monde à l’extérieur</em> ne comprends pas ce qu’est l’esprit de Ramadan (…). La partie la plus difficile parfois aussi c’est de regarder les polémiques médiatiques futiles autour de l&rsquo;islam. Mais on vit en France, un pays libre, où les gens se respectent et comprennent qu’on peut et on doit vivre ensemble».</p>
<h2><span style="color: #008000;">Un horaire flexible est apprécié, rien de plus n&rsquo;est nécessaire</span></h2>
<p>Tez est un humoriste qui plaisante habituellement sur sa propre situation en tant que musulman britannique et les préjugés contre ceux qui professent l&rsquo;Islam. «Pour ceux d&rsquo;entre vous qui ne connaissent pas grande chose à propos de nous, vous pourriez nous reconnaître dans des émissions de télévision de la haine comme les journaux télevisés», a-t-il dit lors d&rsquo;<a href="https://www.facebook.com/tezilyas/videos/1562748963753713/">une de ses émissions</a> à la BBC.</p>
<p>Mais il ne mentionne aucune mauvaise expérience en répondant aux questions de <a href="salamplan.com/fr">Salam Plan</a> sur Ramadan au Royaume-Uni, au travail non plus. «D&rsquo;après mon expérience, les employeurs sont généralement très accommodants», dit-il. Selon lui, il suffit essentiellement de permettre un horaire flexible durant ce mois.</p>
<p>«Commencer plus tard et avoir une pause plus courte à midi et peut-être être un peu consciencieux sur la nourriture et l&rsquo;eau près des bureaux», suggère-t-il comme des mesures à prendre dans le travail.</p>
<p>L&rsquo;avocate de Ceuta, Fatima, a du mal à prêter attention au réveil et c&rsquo;est pour cela qu’elle profite de l&rsquo;heure du déjeuner pour faire une petite sieste. Elle perçoit également «presque aucune» difficulté dans les environnements de travail pour que les musulmans célèbrent leur mois de spiritualité partagée. Fatima est une travailleuse indépendante et peut s&rsquo;organiser, mais elle n&rsquo;a pas non plus détecté de problèmes pour les personnes employées.</p>
<blockquote><p><em><span style="color: #008000;">«Ce que les gens font habituellement c&rsquo;est d’échanger l’horaire de travail, les vacances, etc. pour faciliter les choses aux autres collègues. La même chose est faite par exemple à Noël»</span></em></p>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #008000;">&#8212; Fatima Hamed Hossain, avocate et conseillère municipale</span></p>
</blockquote>
<p>«Ce que les gens font habituellement dans plusieurs entreprises, c&rsquo;est d’échanger l’horaire de travail, les vacances, etc. pour faciliter les choses aux autres collègues. La même chose est faite par exemple à Noël, où ceux qui ne célèbrent pas essayent de couvrir nos collègues qui le font», explique-t-elle.</p>
<p>Elisa convient que son horaire habituel est la principale différence pendant le Ramadan. «Nous nous levons tôt, alors j&rsquo;essaie de rester un peu libre pour me reposer dans l&rsquo;après-midi, car il y a aussi beaucoup d&rsquo;heures de lumière». En tant qu&rsquo;enseignante, son travail ne lui permet pas de varier son travail dans l’aspect temporaire, mais elle peut le faire dans un autre aspect pratique: «Je dois beaucoup parler et je ne peux pas me rafraîchir la gorge, comme je le fais habituellement, donc je dois éviter de m&rsquo;épuiser».</p>
<p>En <strong>Allemagne</strong>, <strong>Naima Niazy</strong> (28 ans) ne peut s&#8217;empêcher d&rsquo;être irrité par un collègue qui demande chaque année à nouveau si le jeûne inclut aussi ne pas boire. «Cette question et le manque de compréhension se produisent si souvent, que parfois je veux imprimer un <em>tee-shirt</em> qui dit: ‘Oui, je ne peux pas boire non plus’», admet-elle.</p>
<p>En même temps, cette chercheuse postdoctorale en biologie moléculaire admet que ce qu&rsquo;elle aime le plus au Ramadan en Allemagne, c&rsquo;est l&rsquo;intérêt manifesté par les non-musulmans: «Ils s&rsquo;informent et en tiennent compte, simplement parce qu&rsquo;ils m&rsquo;aiment bien (&#8230;). Les conversations sorties de la curiosité et sans préjugés m&rsquo;enrichissent et m&rsquo;aident à apprendre de nouvelles perspectives, soit que je finisse par avoir la même opinion ou non».</p>
<blockquote><p><em><span style="color: #008000;">«On essaye d&rsquo;être plus calme et tempérer les nerfs au travail, on essaye toujours d’évoluer vers plus de spiritualité»</span></em></p>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #008000;">&#8212; Asif Arif, avocat à Paris</span></p>
</blockquote>
<p>Iaad, le représentant des Étudiants Musulmans de France, assure que ceux qui jeûnent ont «une vie totalement normale durant le Ramadan. Mon jeûne ne doit en rien s&rsquo;imposer sur mes collègues de travail ou sur mon monde universitaire».</p>
<p>Asif, l&rsquo;avocat parisien, dit qu&rsquo;il essaye toujours d&rsquo;être «plus calme» et «tempérer les nerfs» au travail, dans le cadre de «essayer toujours d’évoluer vers plus de spiritualité» pendant le Ramadan.</p>
<h2><span style="color: #008000;">Ne vous fâchez pas et d’autres grands buts du Ramadan</span></h2>
<p>«J&rsquo;aime la faim et la soif. Cela me rappelle à quel point j&rsquo;ai de la chance de vivre dans une partie du monde où je peux généralement manger ce que j&rsquo;aime quand je veux,» dit Tez. «C&rsquo;est un moment vraiment spécial où tout le monde tire dans la même direction pour être une meilleure personne.»</p>
<p>Elisa souligne que «le jeûne implique toute une attitude, qui va au-delà de l&rsquo;arrêt du repas et de la boisson». Cela inclut, par exemple, «d&rsquo;éviter de se mettre en colère ou de parler mal; c&rsquo;est toujours comme ça, mais pendant cette période, avec plus de raison.»</p>
<p>Cette attitude positive est ce qui empêche Naima de réaliser son désir d&rsquo;imprimer le <em>tee-shirt</em>. Elle pense que cet autre aspect du Ramadan ne reçoit pas toujours l’attention nécessaire: <strong>ni se mettre en colère, ni déranger les autres ni mener des «discussions sans sens»</strong>. « Nous disons tous des choses qui ne sont pas particulièrement gentilles ou nous échangeons les derniers ragots avec nos collègues. C&rsquo;est quelque chose qui devient une partie de la vie quotidienne et ne tue personne, alors il est bon d&rsquo;en être conscient et de travailler dessus», dit-elle.</p>
<p><div id="attachment_1268" style="width: 1034px" class="wp-caption aligncenter"><img aria-describedby="caption-attachment-1268" loading="lazy" class="wp-image-1268 size-large" src="https://salamplan.com/wp-content/uploads/2018/06/Iftar-interreligioso-e-intercultural-en-Madrid-2-1024x682.jpg" alt="" width="1024" height="682" /><p id="caption-attachment-1268" class="wp-caption-text">Iftar interreligieux organisé par Arco Forum et «Maison Turque» à Madrid. © Plan Salam</p></div></p>
<p>Un autre objectif principal du Ramadan est la charité. Le comédien Britannique affirme que «c&rsquo;est aussi un mois où nous pensons vraiment à la charité, les musulmans creusent vraiment dans nos poches ce mois-ci pour aider les moins fortunés que nous dans le monde.» Naima souligne que la charité peut aussi consister à aider des connaissances ou des voisins ou «simplement sourire à une autre personne».</p>
<p>Asif estime que l&rsquo;aspect altruiste est le moins connu du Ramadan parmi les non-musulmans. Il explique également qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas seulement de partager des aspects matériels avec les autres, mais aussi de <strong>«discuter (et) s’améliorer avec l’autre»</strong>. Pour lui, ce mois a une «dimension de liberté, choix et altruisme» importante.</p>
<h2><span style="color: #008000;">Ce n&rsquo;est pas une torture, mais ceci est le plus difficile</span></h2>
<p>«Le Ramadan n&rsquo;est pas une épreuve insurmontable qui se résume à s&rsquo;abstenir de manger et de boire», souligne Iaad. Il sert à «se reconnecter à l&rsquo;essentiel (&#8230;), la piété» envers Dieu. C&rsquo;est pourquoi il va à la mosquée tous les soirs et la journée se termine généralement vers 1 heure du matin, dit-il avec un sourire.</p>
<p>Les quelques heures de sommeil sont un aspect qui répètent les musulmans qui participent à cette histoire, autant ou plus que le manque de nourriture et de boisson pendant la journée. Et quand le Ramadan tombe en été, <strong>les courtes nuits européennes exigent parfois un jeûne pendant 19 heures</strong>, souligne Tez, le comédien Britannique.</p>
<p>«Les prières nocturnes (<em>tarawee</em>) à la mosquée» sont les plus difficiles pour lui. «Au cours du mois, l&rsquo;imam prie tout le Coran dans la congrégation. C&rsquo;est fatigant et ça prend environ une heure tous les soirs», explique-t-il. Le jour suivant, les croyants musulmans devront se lever avant que les premiers rayons du soleil appareillent pour manger et faire la première des cinq prières de la journée. Certaines personnes retournent au lit, d&rsquo;autres se sentent trop rassasiés pour dormir.</p>
<h4 style="text-align: center;"><em><span style="color: #008000;">&gt;&gt;&gt; Vous pouvez lire aussi: <a href="https://salamplan.com/en/islamophobia/international-womens-day-muslim-and-feminist-these-women-show-it-is-possible/20180308">Musulmane et féministe? Ces femmes montrent que c&rsquo;est possible</a> (en anglais)&lt;&lt;&lt;</span></em></h4>
<p>La solitude pendant le dîner est ce qui est le plus difficile pour Naima ces jours-ci, car c&rsquo;est normalement le moment pour célébrer et partager avec un groupe, soit avec la famille ou d&rsquo;autres personnes. Elle vit seule et, bien qu&rsquo;elle reconnaisse qu&rsquo;elle puisse rencontrer d&rsquo;autres croyants dans une mosquée pour <em>l’iftar</em>, elle ne veut pas. C&rsquo;est la famille qui lui manque.</p>
<p>Pour Elisa, l’enseignante Espagnole, la chose la plus difficile pour célébrer le Ramadan en Europe est que «le calendrier de travail et social habituel continue et parfois il n&rsquo;est pas facile le combiner». Mais en même temps, elle souligne qu&rsquo;elle peut célébrer «avec beaucoup de liberté». Elle ajoute: Ramadan est «une pratique qui produit une joie immense; Ce n&rsquo;est pas de la torture».</p>
<p>Pour tous ces citoyens européens, le Ramadan est l&rsquo;occasion de consacrer plus de temps à leur foi et à leur relation avec Dieu, ainsi que de travailler pour devenir une meilleure personne et passer plus de temps en communauté. L&rsquo;essence ne semble pas si différente du sense des festivités chrétiennes telles que Pâques et Noël. À propos, les musulmans croient aussi en Jésus comme un «envoyé» de Dieu.</p>
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